APPEL A CRÉATIONS





24 février 2022. Ce n’est pas une date, c’est une balafre sur le calendrier de Mykola Istyn. Depuis, par les armes et la plume, il n’a de cesse d’essayer de “faire sortir l’humanité de l’état de guerre” (Jan Patočka).

Ce numéro est dédié à Mykola Istyn, ami de longue date du Collectif, dont nous publierons un recueil de poèmes au printemps. Mais ce serait trahir sa parole et son projet que de réduire cette dédicace à sa personne, lui qui plaide pour “l’évolution poétique de l’humanité”, le “bonheur général”, le “bien total”, des mots aussi grands que l’ébranlement provoqué par la  “transmutation de toutes les valeurs sous le signe de la force” (Jan Patočka). 

C’est sous un autre signe que nous vous proposons de t ravailler depuis notre endroit, un signe dont le philosophe Jan Patočka a fait le fondement d’une solidarité nouvelle : 

“L’ÉBRANLEMENT”



A partir de ce thème, allons au plus profond de ce qui nous bouleverse et nous bouscule, nous heurte et nous tiraille. Acceptons de ne pas savoir, de ne pas entrer avec force et certitude dans l’écriture mais au contraire en se laissant ébranler, mouvoir par cetremblement qui anime aussi Mykola Istyn : le froid, la bombe, la tombe du camarade, la main de son enfant, l'indifférence des non belligérants... Cherchons le passage pour s'aimer dans l'horreur avec la sincérité de ceux que tout oppose. Nous n’aurons pas d’ennemis dans nos pages. Car nous ne savons pas ce qui se passe, se sent, se joue dans la nuit terrible du front.

Sans la vivre directement ce que nous comprenons, ce que nous disons la guerre est toujours de travers. C'est aussi parce qu'elle nous arrive ainsi : de travers. Et qu'elle nous reste : en travers.

Se laisser ébranler, mettre sur le flanc, traversé par ces (op)positions : bourreau-victime-juge.
Non pas refouler la violence, notre violence, non la condamner mais s'y impliquer.
Non pas expliquer, nous ne sommes pas des commentateurs mais des expérimentateurs qui souhaitons sortir du fatalisme dans le confort, du défaitisme embusqué.

L’ennemi découvre avec nous la liberté absolue, il est celui avec qui nous pouvons parvenir à une entente dans l’opposition, notre complice dans l’ébranlement du jour, de la paix et de la vie dépourvue de ce sommet.
Jan Patočka, Essais hérétiques sur la philosophie de l’histoire (Verdier).
 
L’ébranlement est collectif, l’ébranlement est intime. C’est la guerre mondiale qui débarque sur les rives de Normandie et c’est le corps du petit Aylan Kurdi sur la plage de Bodrum. C’est la déforestation en Amazonie et la disparition de l’environnement proche à bas bruit. L’ébranlement c’est tout cela, c’est ce qui nous unit, du plus petit au plus grands des périls.

Quand tout semble s'accorder pour le pire, faire avancer la vie dans la nuit.
Prendre le risque de la vie.

“Entre eux, penchés sur leur travail de lecture, de déchiffrage, s’il y avait une solidarité, c’était cele d’un ébranlement infini.”, Frédéric Boyer, En prison (P.O.L.)


Vous avez jusqu’au

20 MARS 2026

(premier jour du printemps)

pour nous faire parvenir vos contributions à l’adresse suivante :

poetisthme@etik.com






Quelques rappels avant de nous partager vos créations



POUR VOS CRÉATIONS ÉCRITS 

Police : Times New Roman, taille : 12 ; texte justifié (sauf mise en page spécifique)

Limite : 5.000 signes (espaces compris) ou 5 pages maximum pour les formes brèves.

Interligne : 1.0 pour la forme versifiée et 1.5 pour la prose.

Format : DOCX


POUR VOS CRÉATIONS VISUELLES

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Résolution 3000 pixels pour le plus grand côté

sans marges ni inscription.